Un fort espagnol à 300 mètres d’Alger
En 1510, les Espagnols s’emparent d’un rocher situé en pleine mer, à 300 mètres d’Alger. Ils y bâtissent une forteresse, braquent leurs canons sur la ville et imposent un tribut annuel. Ils tirent sur les minarets, harcèlent les pêcheurs et détruisent les voiles à coups de canon. Alger vit sous menace constante, depuis la mer.
L’appel des habitants d’Alger
Lorsque Khayreddine Barberousse arrive à Alger, les habitants l’implorent de les libérer du joug espagnol. Il découvre une ville affaiblie, harcelée, surveillée depuis la mer. Il n’avait d’autre choix que de reprendre le Penon :
« La vue de ce fort avait suffisamment humilié les habitants d’Alger. Leur supplice avait assez duré. Je décidai d’en faire la conquête. »
Les préparatifs de la bataille
Il commence alors les préparatifs, ordonnant la fabrication de poudre à canon. Il fait aussi venir de Jijel des chargements de poudre récemment récupérés de navires ennemis.
Khayreddine écrit ensuite :
« Je pouvais maintenant envisager d’attaquer le Peñon. Mais il me restait à effectuer le plus important des préparatifs, qui était de l’ordre du spirituel : je jeûnais donc le jour et priais la nuit, implorant Allah de nous accorder la victoire. »
Les messagers exécutés
Avant de débuter l’attaque, il envoie deux messagers proposer aux Espagnols de quitter la forteresse sans subir aucun tort. Mais Don Martin, le chef du Penon, les fait exécuter et suspendre aux créneaux de la plus haute tour. Un cri d’indignation s’élève alors d’Alger. L’attaque est inévitable.
L’ordre d’ouvrir le feu
« Cette nuit de vendredi, je la passai prosterné à Allah, Le suppliant de bénir notre attaque contre la forteresse », poursuit Barberousse.
C’est ainsi qu’à l’aube, il fait installer une garnison sur l’un des forts d’Alger, situé face à la forteresse espagnole. Puis il donne l’ordre d’ouvrir le feu.
Deux semaines de combat
Les Espagnols ripostent aussitôt, pilonnant la ville, détruisant même le minaret de la grande mosquée. Deux semaines s’écoulent dans un combat difficile. Le vendredi suivant, après avoir imploré le secours d’Allah, les soldats demandent la permission de tenter une escalade de la forteresse.
L’assaut de la forteresse
Ils embarquent sur des bateaux et atteignent l’île, au milieu des balles et des boulets :
« À leur arrivée sur l’île, mes soldats dressèrent leurs échelles et réussirent à entrer enfin dans la forteresse, où un long combat s’engagea contre nos ennemis. Mais Allah nous accorda Son assistance et, bientôt, nous vîmes Don Martin et ses 700 hommes capituler et se rendre à nous. »
Le Penon rasé
Khayreddine ordonne ensuite de raser le Penon, afin que son nom « disparaisse à jamais ». Les remparts sont détruits à la poudre. Avec les pierres du fort, il fait construire une digue reliant l’île au rivage, qui protège désormais le port d’Alger. La ville est ainsi renforcée et embellie.
Ce récit n’est pas une légende. C’est Barberousse lui-même qui l’a dicté, au fil des batailles, à son fidèle scribe.
Cet article s’appuie sur des extraits de l’ouvrage Autobiographie de Khayreddine BARBEROUSSE, disponible sur la boutique Al Bidar.
