On les connaît sous le nom de « frères Barberousse », une fraternité armée redoutée sur toute la Méditerranée. Mais qui étaient-ils vraiment ?
Ils s’appelaient Ilyas, ‘Urudj, Ishaq et Khidr
Fils d’un ancien cavalier ottoman, Ishaq, ‘Urudj, Khidr et Ilyas grandissent sur l’île de Midilli (actuelle Lesbos), entre terre et mer, au rythme du commerce et des récits d’expéditions. Très tôt, ils apprennent à naviguer, à commercer… et à se battre.
‘Urudj quitte Midilli pour commercer seul en mer
‘Urudj est le premier à se lancer en mer : il sillonne les côtes du Shâm, d’Anatolie et d’Égypte pour développer son commerce. Mais en 1499, une galère des chevaliers de Rhodes l’attaque. Son frère Ilyas est tué. Lui est capturé, et vendu comme esclave à Rhodes.
Le tournant de ‘Urudj
Enchaîné à une galère chrétienne, ‘Urudj endure humiliation et mauvais traitements. Au cours d’une mission, il parvient à s’échapper. De retour à Midilli, il reprend la mer. Mais cette fois, ce n’est plus pour commercer : c’est là que commence son combat contre les puissances européennes.
‘Urudj, Ishaq et Khidr en mission
Ishaq et Khidr ne tardent pas à rejoindre leur frère ‘Urudj. À bord de leurs navires, ils affrontent les galères chrétiennes, soutiennent les musulmans persécutés d’Al-Andalus et multiplient les expéditions sur les côtes ennemies. C’est le début d’une fraternité armée, redoutée sur toute la Méditerranée.
La fin des frères combattants
En 1518, Ishaq est tué dans une embuscade près de Tlemcen. Peu après, ‘Urudj meurt à Tlemcen, encerclé par ses ennemis. Il ne reste plus que Khidr. Il poursuivra seul le combat.
Pourquoi le nom « Barberousse » ?
Ce surnom ne vient pas des musulmans, mais des Européens, du fait de leur barbe rousse. Il a parfois désigné ‘Urudj, parfois Khidr, parfois les deux. Mais après la mort de ‘Urudj, c’est Khidr que l’Europe appellera Barberousse.
Comment Khidr devint Khayreddine
Dans le monde musulman, il reçoit un tout autre nom : lorsque Khidr place sa flotte sous l’autorité du sultan ottoman, Sulayman le Magnifique l’honore pour son engagement envers l’islam. Il sera désormais Khayreddine, ce qui signifie « le bien de la religion ».
Un récit dicté sur ordre du sultan
C’est le sultan Sulayman lui-même qui lui demande de raconter, en détail, leurs débuts à Midilli, la conquête d’Alger et les campagnes menées sur terre et sur mer. Pour cela, Khayreddine fait appel à al-Muradî, son compagnon et scribe. Il dicte, al-Muradî écrit. Le livre Autobiographie de Khayreddine Barberousse est le résultat de ce travail.
Cet article s’appuie sur l’ouvrage Autobiographie de Khayreddine BARBEROUSSE, disponible sur la boutique Al Bidar.
